Nietzsche & mouvements (dansés)

« Celui qui ne danse pas est coupé de la réalité » disait Nietzsche.

Pourquoi la danse est-elle présentée par le philosophe allemand comme indissociable du réel ?Une partie de la réponse se trouve dans le livre de la neurobiologiste Lucy Vincent, « Faites danser votre cerveau ». Explorons-le.


Dans les premières pages de son ouvrage, Lucy Vincent revient sur sa découverte de la danse et nous explique comment ses premiers mois d’apprentissage lui ouvrèrent les yeux sur une nouvelle perspective, celle de la connexion corps-esprit_à propos de laquelle beaucoup s’accordent mais que peu expérimentent : « Comme tous les nouveaux élèves adultes, je pensais que mes diplômes universitaires me donneraient le pouvoir d’apprendre facilement toutes les figures de danse en un temps très rapide. Je pensais que je danserais parfaitement au bout de six mois, voire moins… Évidemment ce ne fut pas le cas mais, à partir du moment où j’ai pris au sérieux cet apprentissage, je me suis mise à constater des changements fondamentaux dans mon corps et aussi dans mon cerveau. (…) En tant que neurobiologiste, j’avais toujours prêché pour l’unité corps-cerveau, mais la pratique de la danse me montrait qu’au plus profond de moi j’étais comme tout le monde : j’avais, fermement ancrées, des convictions dualistes, je croyais à la supériorité du cerveau sur le corps. »

Ce que nous savons aujourd’hui sur le fonctionnement du corps-cerveau démontre de manière définitive l’importance de la danse comme activité physique. Grâce à elle, le corps humain apprend en effet à tirer le maximum de son environnement (y inclus des autres êtres humains qui le composent). La danse est un magnifique outil d’exploration, de questionnement, de compréhension, d’intelligence et d’expression. Chaque pas de danse entraîne des découvertes et des liens insolites dans notre cerveau inconscient grâce à des mécanismes que nous ne connaissons que depuis peu comme l’explique la scientifique.

Son travail remet également le sempiternel « no pain, no gain » qui voudrait qu’il faille souffrir pour apprendre. En effet, on sait depuis peu de temps que chaque « contraction musculaire, même minime, a un impact sur notre corps ; mieux, rien ne vaut une activité musculaire modérée, mais régulière, qui fait travailler tout le corps sans à-coups et sans stress. » Dans un avenir proche, rien n’empêche d’imaginer qu’on prescrive tels ou tels enchaînements de mouvements faisant travailler tels ou tels groupes musculaires pour stimuler notre foie, nos reins, notre système digestif, notre système immunitaire, notre cerveau, etc. – à la manière de la réflexologie plantaire chinoise.

Par ailleurs, on peut aller plus loin, et stimuler la créativité et/ou notre capacité à raisonner grâce au mouvement. Au moment où vous lisez ces lignes, plusieurs études se concentrent sur les processus physiologiques qui se cachent derrière cette réalité (rôle du cervelet, libération d’endorphines et d’ocytocine, etc.) mais si vous avez un jour poussé la porte d’un studio de danse, vous connaissez cette sensation unique que l’on éprouve lorsque la musique s’arrête. Energie, satisfaction, confiance en soi, humeur positive, sourire… Danser permet d’exprimer ce que l’on porte en soi, mais aussi d’agir sur les humeurs qui nous habitent et de les modifier.

« Ce que tu danses, tu le deviens » exprimait Susan Buirge, la danseuse et chorégraphe américaine, fondatrice de la « Dance Theatre Experience » à Paris.


Si vous voulez devenir vous-même, dansez !

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